Les fêtes de la Poya
Estavannes
Titre

 

Les fêtes de la Poya d’Estavannens

 

Vous entendez  “Le Ranz des vaches” par le Choeur des Armaillis de la Gruyère
http://www.choeur-des-armaillis.ch

Les célébrations de la "Poya d'Estavannens" eurent lieu

le 6 mai 1956,
le 15 mai 1960,
le 15 mai 1966,
le 9 mai 1976,
les 6 et 7 mai 1989,
les 12, 13 et 14 mai 2000.


La prochaine fête, prévue initialement pour le mois de mai 2011, est reportée aux 9, 10, 11 et 12 mai 2013.

Edgar Schorderet, natif de Neirivue et ayant épousé une native d’Estavannens, Maguy Pharisa,
est entré au comité de l’AGCC en janvier 2011.
Il accepte de prendre la direction de la 7ème Poya d’Estavannens.

L’AGCC a trouvé son nouveau président en la personne de Gaby Chappuis, ancien caissier de l’association.
Il remplacera Raymond Gremaud, démissionnaire.

Un site WEB a été construit par David Moret, d’Estavannens



Pour voir le site du constructeur, cliquer dans l’image

Pour voir le site, cliquer sur l’image ci-dessus

Edgar Schorderet
manager de la Poya 2013

Edgar Schorderet

cliquer sur l’image ci-dessus


La Poya 2000
Texte de Patrice Borcard, historien, rédacteur en chef du journal “La Gruyère,
puis préfet de la Gruyère depuis le 1er janvier 2012.

Ce texte a été publié dans le livre “La Poya d’Estavannens” paru aux Editions gruériennes, à Bulle - ISBN - 2-9700233-o-x

 

Cliquer dans l’affiche  ci-dessus
 

En date  du 17 janvier 2007, le webmaster du site, Philippe Pharisa, a intégré ici les pages de ce site encore très bien visité.
 

     La Poya d'Estavannens pose un problème de vocabulaire, qui débouche sur le sens même de la manifestation. Les mots hésitent entre le profane et le sacré. Fête populaire ou liturgie pastorale? Rencontre folklorique ou célébration nostalgique? Foire touristique ou rite paysan? Manifestation-musée ou cérémonie alpestre ? La Poya d'Estavannens, telle qu'elle s'est déroulée les 12,13 et 14 mai 2000, tient de tout cela à la fois. Elle est un miroir dans lequel chacun puise le reflet qu'il souhaite recevoir. C'est probablement la raison du phénoménal succès de la sixième édition. Durant le deuxième week-end de mai, pas moins de 60000 personnes ont sillonné les rues d'Estavannens, une participation double de la précédente fête de 1989. Longtemps régionale, la Poya est sortie de ses limites originelles grâce à une couverture médiatique peu commune. Pour la première fois, la Télévision Suisse romande y avait déplacé ses caméras pour transmettre en direct la messe et le cortège du dimanche. Journaux et magazines suisses et européens avaient dépêché leurs reporters. L'écho de la Poya 2000 fut international. Mais que sont-ils venus chercher sur le pâturage du Dah? La question réclame une réponse qui puise ses sources dans l'histoire de la fête, dans son enracinement dans la tradition pastorale, dans les exigences sociales actuelles.
     La Poya d'Estavannens est aux montagnes de la Gruyère ce que la Fête des vignerons est aux vignes de Lavaux. En plus modeste, en plus artisanal. Elle en a le rythme espacé, le caractère rituel, la force identitaire! La Poya est une invention récente, mais la puissance des valeurs et des images qu'elle met en scène lui offre un statut de tradition venue du fond des âges. L'événement puise ses racines dans la commémoration d'une chanson. En 1956, Henri Gremaud, conservateur du Musée gruérien, et le chef de choeur André Corboz désirent célébrer le septante-cinquième anniversaire de La Poya, un chant patois qui s'est imposé dès 1881 comme un hymne régional. A la recherche du décor idyllique propre à célébrer l'événement, les deux «mainteneurs» portent leur choix sur Estavannens, village planté sur une pente de verdure, face au château de Gruyères. Un décor de carte postale, une esquisse de paradis terrestre! C'est là, depuis 1956, que la Poya se met en scène, dans un décor d'opéra que n'auraient pas renié les romantiques italiens. La fête s'est déroulée six fois au siècle passé, selon un rythme aléatoire: en 1956,1960,1966,1976,1989 et 2000.
     Mais la Poya n'aurait pas pris son essor si elle ne se nourrissait d'un des rites les plus forts de la vie pastorale locale: la montée à l'alpage. Dans cette économie fromagère qui s'est imposée dans la région dès le Moyen Age, la transhumance du bétail vers l'alpage s'est assez rapidement transformée en rite. Au point qu'elle est à l'origine d'un art pictural qui raconte dans des formes souvent naïves la montée vers les pâturages. Un charbonnier de Vuadens, Sylvestre Pidoux, passe pour l'inventeur de ce genre qui a très peu évolué depuis les premières décennies du XIXesiècle. Ces tableaux - le terme est utilisé jusqu'en 1950 pour définir le sujet-sont aujourd'hui encore accrochés aux façades des fermes, transformant ainsi la région en un vaste musée à ciel ouvert.

   

 

     La poya printanière et son corollaire automnal, la désalpe ou rindya, respirent longtemps aux rythmes de la terre, obéissent au verdict des saisons. Bien que perçus comme un moment fort de la vie alpestre, ces rites sont progressivement investis de valeurs compensatoires, au fur et à mesure que s'efface la civilisation paysanne. L'apparition de la Poya d'Estavannens, célébration folklorique d'un rite ancestral, ne doit rien au hasard: les années cinquante sont marquées par les prémices de la mécanisation agricole. Les paysans entrent dans une évolution qui, un demi-siècle plus tard, n'a pas trouvé sa conclusion.
     En ce week-end de mai 2000, la Poya investit Estavannens pour la sixième fois. L'événement courait dans les gazettes depuis plusieurs mois. Chaque étape de l'organisation, chaque moment de la fête avait fait l'objet de commentaires. L'âme de la manifestation avait annoncé la couleur. Raymond Cremaud, président de l'Association gruérienne pour le costume et les coutumes, qui chapeaute l'organisation, avait averti: «La Poya doit établir des ponts avec la tradition. Elle doit s'en inspirer, mais pas en être prisonnière.» L'édition 2000 a innové en ouvrant la porte à d'autres civilisations pastorales. Autour du thème «des troupeaux et des hommes», la fête a rassemblé des vaches étrangères, races souvent rares en provenance de Bretagne, d'Aubrac, du Pays basque, du Tyrol, du Piémont... Trente-quatre races au total, et autant de cultures différentes, de sonorités musicales, de traditions folkloriques. Estavannens promu laboratoire d'une Europe pastorale! Le cortège dominical, riche d'un millier de participants, fut à l'image de la fête, coloré et pluriel. Mais s'agissait-il vraiment d'un cortège? Durant deux heures ont défilé, à un rythme processionnel, une septantaine de tableaux échappés d'un autre temps. Les travaux des champs, la vie de l'alpage, les outils anciens, les tracteurs préhistoriques, les bêtes de la ferme: le monde paysan se tend un miroir rassurant.
        Reste que le sommet de la fête fut la messe célébrée sur le pâturage du Dah. Ils étaient six ou sept mille à se rassembler en contrebas de la chapelle, pour une cérémonie présidée par l'évêque Bernard Genoud. Selon une tradition établie, l'homélie fut prononcée en patois par l'abbé Henri Murith, tandis que les Armaillis de la Gruyère interprétaient La mécha dij'armayi d'Oscar Moret.
      Et lorsque le choeur chanta en conclusion de la célébration La ne chin va dl montanyè, personne n'eut l'impression de passer du registre sacré au profane. L'esprit de la fête pouvait ensuite se propager dans tout le village, emporté par les choeurs et les musiciens. Forte de ses 60000 visiteurs et de son budget dépassant le million, la Poya 2000 fut celle de tous les records. Au-delà des chiffres se cachent cependant des réflexes qui en disent long sur une sociétéà la recherche de ses repères. Car, à l'évidence, la fête d'Estavannens est chargée de contradictions. Et les paysans gruériens savent que leur Poya est la mise en scène nostalgique d'une civilisation pastorale en voie de disparition. L'événement est d'autant plus intéressant qu'il se tient au coeur des oppositions qui charpentent aujourd'hui les mentalités gruériennes. Authentique, la Poya d'Estavannens? Bradées, les valeurs traditionnelles? La question est vaine, car elle découle de conceptions puritaines. Toute coutume cultivée par un groupe social est authentique, dans la mesure où elle tire sa légitimité de la société qui en est à l'origine, et de ses besoins présents. La manifestation stabadine a révélé un formidable besoin de compensation. En évitant le piège de la commémoration passéiste, elle a répondu à cette recherche tapie au fond de l'âme humaine, l'inlassable quête du paradis perdu.

 

 

 

L’évêque du diocèse Mgr. Bernard Genoud a célébré la messe accompagné de plusieurs prêtres.
L’homélie a été pronocée par l’abbé Henri Murith, aumônier des armaillis
 

 

 

Pour obtenir le texte en patois
cliquer sur l’image

Pour obtenir  le texte en français
cliquer l’image

 

 

 

 

La Poya de 1989
Le curé de Grandvillard, l’abbé Paul Chollet, à pronononcé l’homélie en patois

 

 

 

 

Abbé Paul Chollet,
Durée du sermon  en patois : audio de 7 minutes 35 secondes
(cliquer sur l’image ci-dessus)

Abbé Paul Chollet,
Traduction du sermon en français : Format PDF
(cliquer sur l’image ci-dessus)

 

 

 

 

 

Poya de 1960
Sermon en patois gruérien par le doyen Armand Perrin, curé de Bulle

Vo ti, mè j’émi,
    No no retrâvin ch’ti-an din l’Intyamon, din chi galé velâdzo d’Ehavanin. No chin vinyè dè totè lè kotsè dè nouthro piti payi. Nin dè vyniè achebin d’la Grevîre d’Amon, lè Pikoji, è mimamin dè Dzenèva “La Marjolène”..
     Ly-a kotyè j’an, m’avan dza dèmandâ dè pridji, è mè chovignio ke l’avi prè dou mo dè chi que rèpoujè din ha tèra k’amâvè tan, Kreju, Fernand Ruffieux, ke dejè : “Grevîre, bi payi dè nouthè j’anhyan, lé yu tè dzin prèyi, lé jé yu travayi”.
     Vo vu dre ch’ti-an galyô lè mimè tsoujè, pou-t-îthire on bokon ôtramin. Ha fiha, kemin totè lè fihè intche no, keminhyè pè la mècha : è chin n’è pa ouna chinplya formalitâ. L’y a otyè dè veré, otyè dè nouthra ya.
     No moujin ch’ti matin a ha mècha, i j’anhyan : a hou  ke dévan no, ly-an menâ la mima ya. Ke ly-an amâ ha tèra è hou montanyè avui lou tropi è lou tsalè. Ke l’y an travayi, poyi, ke chè chon rédzolyi, ke ly-an achebin pyorâ...  ke ly-an préyi... è ke douârmon ora pri dè lou mohi.
     Hou j’anhian ly-an portâ le mimo bredzon, le mimo loyi, le mimo dzakilyon. L’y an kognu lè mimè mijérè et lè mimo dzoulyo.
     Chin d’alanvan la demindze ou mohi por tsantâ è préyi. Le dèvèlné, mafi di travô dou dzoua, ou pèyo ou a l’othô, ti inhinblyo, chavan, a dzénâ, rémèrhyâ le bon Dju et chaluâ nouthra Dona

  Le Bon Diu : i chavan ke chin li on pou rin fére, kemin dejê chon Fe kan îrè chu la têra, chon Fe ke ly-è vinyê ou mondo din na rèthe. Ly-amåvan a betå ou pèyo, a l’othô, chu la pouorta dou pouèrtso, d’la grandze, d’l’èthråblyo… din lè tsan, lè patyi… chu lè tsemin… è tantyè-amon chu lè vani, la krê… la krê ke rapèlè a hou ke påchon ke ly-a on Bon Diu ke no j’a amå è ke no j’åmè…. La krê ke no rapèlè ke no chin på fê po ch’ti mondo, ke ly-inda oun’ôtro, è ke chyiè a rin dè tru ch’athatchi, chu ha têra, a l’èrdzin è a ti lè plyêji - chovin krouhlyo - ke le mondo d’ora no balyè.
          Le mondo d’ora ne vou på mé dou Bon Diu, vo le chédè prâ : din na mache dè payi pêrchèkuton lè prîthè è ti hou ke krêyon, bourlon lè kovin è lè mohyi… ne vouolon rin-mé avi a fére avui chi ke ly-è vinyè chu têra po chouvå lè j’omo… le mèprêjon… le kruchufiyon a novi… è le vudran vêre ou fin fon d’na foucha….. ma, pouro lâ, i âblyon k’arouvèrè totèvi kemin ly-è dza arouvå : i rèchuchitèrè !     Na ! fo på bî din hou payi ke mèprêjon è rèfoujon le Bon Diu : lè dzin chon di ’èhlyåvo… ne pouon på mé travalyi kemin vouolon… ne pouon pagni mouchå kemin vouolon…. Ly-an pèrdu tota libèrtå No vouolin rin dè chin pè ver-no…. no vouolin le Bon Diu avui no… è Nouthra Dona achebin
.
    
     Nouthra Dona : hou j’anhyan, kemin l’amåvan ! Moujådè chinplyamin a totè lè tsapalè è totè lè tsapalètè ke ly-an båti in chon-ana : Nouthra Dona di Mårtsè è Nouthra Dona dè Lèvi ke vo j’alådè tsantå ch’ti matin è du-midzoa… Nouthra Dona dè la Dâda… Nouthra Dona dou Dâ, hlyô no chin… è puthè Nouthra Dona dè Konpachyon a Bulo…. Nouthra Dona d’la Vêrguena pè Vôru… è d’la på dè Tsêrmê n’inda-the ?....
     No moujin, in oujin hou non è chuto Nouthra Dona di Mårtsè, a chi ke no j’an tî konyu è amå : “l’abbé Bovet” Ly-a tan amå cha Grevîre ! Chè tsanthon : La Poya… In Tuatsô… Le vieux Chalet… Le Conto dè Grevîre… Galé Gringo… totè hou ke chon din chon lêvro… è totè hou ke ly chon på… chabrèron… pèch’ke ly-a chu tsantå l’årma dou payi… chin ke ly-a dè plye prèvon din la ya è le kâ dè nouthrè dzin… L’abbé Bovet, ly-è avui no ch’ti matin, no le chintin… ne no ja på oublyô… è no vouolin li dre ke no l’âblyin på!

Konklujyon

     Vouè!... ha fîtha no le dèmandè… no moujin i j’anhyan… a chin k’îran : di dzin ke travalyîvan… ke chavan lou tigni dzohlyâ… è ke préyîvan. E chin no få a moujå a chin ke no dêvin îthre… è ke no vouolin chobrå : di dzin ke travalyon è ke prêyon.
     Ha fîtha : ly-è oun’omådzo i j’anhyan… è no dêvin to fére po le mertå achebin, no, dè hou ke vindron aprî no. Vouo vêdè kemin i va : on chè påchè dè j’ènèrachyon in jènèrachyon chin ke ly-a dè bon è dè bî din la ya. Ly-è pochin ke hou fîthè di “Costume et Coutumes” chon balè è ke no lè j’åmin.
     Ke le Bon Diu bènechè le mondo… n’inda prou fôta… Ke le Bon Diu bènechè nouthron payi, chè dzin, cha têra, chè montanyè, chè tropi, chè travô, chè pênè, chè dzouhlyo…Ke le Bon Diu bènechè ha fîtha !

 

Vous tous, mes amis.
     Nous nous retrouvons cette année dans l’Intyamon, dans ce joli village d’Estavannens. Nous sommes venus de toutes les régions de notre petit pays. Il en est venu aussi du Pays d’Enhaut, les Pikozi, et même de Genève... “La Marjolaine”.
     Il y a quelques années (Réd. en 1956), il m’avait été demandé de prêcher et je me souviens que j’avais pris deux mots de celui qui dort dans cette terre qu’il aimait tant, Crésuz, Fernand Ruffieux, qui disait : “ Gruyère, beau pays de nos ancêtres, j’ai vu tes gens prier, je les ai vus travailler.”
     Je veux vous dire cette année à peu près les mêmes choses, peut-être un peu autrement. Cette fête, comme toutes les fêtes chez nous, commence par la messe et celà n’est pas une simple formalité. Il y a quelque chose de vrai, quelque chose de notre vie.
      Nous pensons, ce matin, à cette messe des ancêtres, qui avant nous, ont mené la même vie. Qui ont aimé cette terre et ces montagnes avec les troupeaux et les chalets. Qu’ils y ont travaillé, “alpé”... Qui se sont réjouis, qui ont aussi pleuré; qui ont prié et qui dorment maintenant près de leur église.
     Ces ancêtres ont porté le même bredzon, le même loyi, le même dzakillon. Ils ont connu les mêmes misères et les mêmes joies.
     Ils s’en allaient le dimanche à l’église pour chanter et prier. Le soir, fatigués des travaux du jour, ils savaient, à genoux, à la chambre ou à la cuisine, tous ensemble, remercier le bon Dieu et saluer Notre-Dame...
     Le Bon Dieu : ils savaient que sans lui, on ne peut rien faire, comme disait son fils lorsqu’il était sur la croix, son fils qui est venu au monde dans une crèche. Ils aimaient placer  à la chambre sur la porte du corridor, dans la grange, à l’étable, dans les champs, les pâturages, sur les chemins et jusqu’en haut sur les vanils, la croix. La croix qui rappelle à ceux qui passent qu’il y a un Bon Dieu qui nous aime. La croix qui nous rappelle qure nous ne sommes pas fait pour ce monde; qu’il y en a un autre et qu’il ne sert à rien de trop s’attacher, sur cette terre, à l’argent et à tous les plaisirs, souvent mauvais, que le monde d’aujourd’hui nous donne
      Le monde d’aujourd’hui ne veut plus du bon Dieu, vous le savez bien : dans un grand nombre de pays, on persécute les prêtres et tous ceux qui croient, on brûle les couvents et les églises. Ils ne voudront plus rien à faire avec Celui qui est venu sur la terre pour sauver les hommes. Ils Le méprisent, le crucifient à nouveau. Ils voudraient le voir au fin fond d’une fosse... mais les pauvres ! Ils oublient qu’il arrivera, tout soudain, comme Il est déjà arrivé. Il ressucitera ! Non ! Il ne fait pas beau dans ces pays qui méprisent et refusent le Bon Dieu. Les gens sont des esclaves. Ils ne peuvent plus travailler comme ils le voudraient, Ils ne peuvent même plus penser comme ils le voudraient.. Ils ont perdu toute liberté. On ne veut pas de ça chez nous ! Nous voulons le Bon Dieu avec nous... et Notre-Dame aussi
    
     Notre-Dame : ces anciens, comme ils l’aimaient ! Pensez simplement à toutes les chapelles et à toutes les chapelettes qu’ils ont bâties ..... Notre-Dame des Marches et Notre-Dame de l’Evi que vous allez chanter ce matin et après-midi... Notre-Dame de la Dauda... Notre-Dame du Dah, où nous sommes ici et puis Notre-Dame de Compassion à Bulle... Notre-Dame de la Vêrguena par Vaulruz... et du côté de Charmey... y en a -t-il ? ..
     Nous pensons, en écoutant ces noms et surtout Notre-Dame des Marches à celui que nous avons tous connu et aimé :”l’abbé Bovet”. Il a tant aimé sa Gruyère Ses chansons : La Poya... En Tsuatso...Le Vieux Chalet,.. Le comte de Gruyères... Galé Gringo.... Toutes celles qui sont dans son livre et toutes celles qui n’y sont pas.... elles resteront. Parce qu’îl a su chanter l’âme du pays : ce qu’il y a de profond dans la vie et dans le coeur de nos gens. L’abbé Bovet, il est avec nous ce matin... on le chante... Il ne nous a pas oublié et nous voulons lui dire que nous ne l’avons pas oublié..


    
Conclusion

      Aujourd’hui !  Cette fête nous le demande... On pense aux ancêtres... à ce qu’ils étaient : des gens qui travaillaient, qui savaient se tenir joyeux... et qui priaient. Et celà nous fait penser à ce que nous devons être et que nous voulons rester : des gens qui travaillent et qui prient.
     Cette fête : c’est un hommage aux ancêtres et nous devons tout faire pour le mériter aussi, nous, et tous ceux qui viendront après nous. Vous voyez comment ça va : on se passse de génération en génération ce qu’il y a de bon et de beau dans la vie. C’est pour cela que ces fêtes des “Costumes et des coutumes” sont belles et que nous les aimons.
     Que le Bon Dieu bénisse le monde ! Il en a bien besoin. Que le Bon Dieu bénisse notre pays, ses gens, sa terre, ses montagnes, ses troupeaux, ses peines et ses joies ! Que le Bon Dieu bénisse cette fête !

 

J’ai retrouvé le texte complet, en patois, sur une page Internet et je l’ai publié ici in extenso.
J’en ai aussi assuré la traduction en français.
Jean Pharisa, Bulle

Le doyen Armand Perrin a prononcé l’homélie lors des Poyas 1956, 1960, 1964 et 1976

 

 

 

 

 

Flèche-Haut

 

 

Haut de la page